Coup de gueule: Quand Amazon entube les auteurs !

Hello tout le monde,

Aujourd’hui j’ai décidé d’annuler l’article que j’avais prévu pour vous faire part d’une prise de conscience qui m’a franchement révoltée ! Je ne sais pas pourquoi je n’y ai jamais prêté attention avant, mais maintenant que c’est fait, je suis furieuse ! 

Hier soir en surfant sur Instagram, j’ai jeté un oeil à la Story de Michael Bielli, un auteur auto-édité, qui a publié son premier roman Fantasy sur Amazon, via leur plateforme Kindle Direct Publishing (KDP). Michael pointait du doigt les exemplaires de son roman proposés en occasion à 54€, alors que lui-même vend son livre 19,50€ ! Je trouve cela scandaleux !

Je tiens tout de suite à préciser une chose (parce que j’ai entendu ces arguments en essayant d’en discuter sur Twitter): je ne remets pas en cause la revente d’occasions sur Amazon. Et effectivement on peut se dire que personne ne serait assez stupide pour acheter un livre d’occasion à 54€, alors que neuf il coûte moins de 20€. 

Sauf que…

Ce n’est pas ça qui me rend dingue. Ce qui me rend dingue c’est le simple fait que cette possibilité existe ! Comment, en tant qu’auteurs auto-édités, sommes-nous censés accepter que des individus utilisent notre propre livre pour tenter de se faire 35€ de bénéf’ sur notre dos ? Alors qu’on le vend toujours nous-mêmes (je pourrais à la rigueur comprendre le principe si le livre n’était plus disponible ou particulièrement rare).

Mais encore, ça, ça ne m’étonne pas plus que ça. La cupidité, la malhonnêteté font partie de notre monde et certaines personnes essaieront toujours de tirer profit du système. Là où j’ai un problème, c’est avec Amazon ! C’est le fait qu’Amazon autorise cette pratique, pour des livres publiés via KDP. C’est leur propre plateforme, ils savent donc si un livre a été créé via ce service. Et pourtant, sur la page de vente PAR L’AUTEUR, ils autorisent d’autres personnes à vendre ce même livre à un prix supérieur. Qu’il soit 35€ plus cher ou 1€ plus cher n’entre pas en ligne de compte pour moi, c’est le principe même qui ne devrait pas exister !

D’autant plus que les auteurs, y compris auto-édités, ne sont pas libres de fixer comme ils l’entendent le prix de leur propre livre. Certes via KDP on a une grande marge de manœuvre. Mais on ne fait pas complètement ce qu’on veut non plus. Pourquoi alors, des revendeurs pourraient-ils se permettre de proposer, et sur la même page, nos créations à des prix supérieurs ?

Si Amazon peut nous empêcher de fixer le prix qu’on souhaite pour un livre qu’on publie nous-mêmes, ils peuvent aussi, lorsque quelqu’un décide de revendre ce bouquin en occasion, empêcher cette personne d’y mettre un prix supérieur à celui fixé par l’auteur sur sa propre page !

Sérieusement, il n’y a que moi qui trouve cela scandaleux ?!

Quant à l’argument: « Oui mais personne n’achèterait un livre d’occasion plus cher que le neuf », il ne tient pas la route. Déjà parce que le problème ici n’est pas du point de vue du lecteur, mais bien de l’auteur. Effectivement si un acheteur est assez stupide pour faire ça, c’est son problème. Mais c’est l’auteur qui se fait entuber (et dois-je rappeler que l’un des intérêts de l’auto-édition c’est de récupérer plus d’argent sur le prix de vente d’un livre, comparé à l’édition traditionnelle où là aussi l’auteur se fait pigeonner?). Mais surtout, si ce genre de pratique continue à exister et que des revendeurs en ont carrément fait leur business plan, c’est que ça marche. Il y a effectivement des gens qui achètent sans faire attention. Mon coup de gueule concerne donc autant les acheteurs qui encouragent ces pratiques, qu’Amazon qui les autorise !

Si vous ne me croyez pas concernant le coup du business plan, voici quatre exemples qui le prouvent en photo. Il s’agit de deux livres auto-édités (Mardaas, celui de Michael Bielli et Éperdument,de Mélodie Angevin) ainsi que du roman Nos âmes rebelles, de Samantha Bailly, paru aux Editions Rageot. Le dernier, sur lequel on ne voit pas le titre du livre, est le nouveau Guillaume Musso, La vie secrète des écrivains. Je vous ai d’ailleurs mis les liens des pages d’occasion si vous voulez vérifier par vous-mêmes.

Vous remarquerez que certains revendeurs sont les mêmes (ceux avec les prix les plus délirants d’ailleurs, et qui pourtant ont des commentaires de clients satisfaits… Ils sont cons aussi ceux-là!).

Mardaas- Michael Bielli

Éperdument - Mélodie Angevin

Samantha Bailly - Nos âmes rebelles

Guillaume Musso - La vie secrète des écrivains

 

Alors oui, je suis consciente que ça arrive aussi pour des livres publiés en ME traditionnelle (la preuve avec les bouquins de Samantha Bailly ou Guillaume Musso) et que ce n’est pas cool pour ces auteurs non plus. Mais en tant qu’auto-édités on a déjà si peu de possibilités de se défendre ou de faire valoir nos droits, encore moins que ceux qu’on appelle « les auteurs professionnels ». Il n’existe, à ma connaissance, aucune structure francophone qui représente les auteurs indépendants spécifiquement (si je fais erreur n’hésitez pas à me le dire surtout). En Grande-Bretagne, il y a bien L’Alliance des Auteurs Indépendants. Début 2017 on a aussi annoncé l’arrivée de L’Alliance des Auteurs Indépendants Francophones, qui se basait sur le même modèle que les Anglais. Mais à en juger par leur compte Twitter et la disparition de leur site web, elle n’est déjà plus active aujourd’hui et je ne sais même pas si elle l’a été un jour…

Bref, je sais ce que beaucoup vont penser: « Oui mais Emily que veux-tu qu’on fasse contre un géant comme Amazon ? »

D’abord ce n’est pas une raison pour ne pas manifester sa colère, même si elle semble utopique. Ensuite c’est vrai, il est difficile de répondre à cette question. Individuellement on ne peut rien faire, j’en suis consciente. Mon âme de révoltée utopiste justement aurait bien envie de dire que ce n’est pas en se contentant de subir qu’on fera changer les choses. Et que vu le business que représente l’auto-édition pour Amazon dans le monde, il faudrait que tous les auteurs indépendants se liguent et décident de boycotter la plateforme. Si plus personne ne publie via KDP, la perte financière d’Amazon les poussera peut-être à se pencher sur la question. De son côté, mon âme un peu voyou (oui oui très loin sous mon sens moral, il y en a une 😅) aurait bien envie de voir si un pirate informatique ne pourrait pas régler le problème ne fut-ce que durant 24h, pour montrer à Amazon que c’est faisable… Hop un petit bout de code qui empêche un revendeur de fixer un prix supérieur à celui pratiqué par l’auteur, et le tour est joué…

Mais aucune de ces solutions n’est plausible, ni même envisageable. Tout ce qu’on peut faire, c’est dénoncer, même si on crie dans le vide. Et peut-être encourager les lecteurs assez bêtes pour acheter des livres auprès de ces revendeurs à faire plus attention… J’avoue, je n’ai pas d’autre solution à apporter. J’aimerais à moi seule pouvoir faire plier Amazon mais je ne suis pas utopiste à ce point tout de même… Je voulais juste vous interpeller sur cette question, si comme moi vous n’y aviez jamais fait attention. Et vous partager ce coup de gueule et cette colère qui ne me quitte plus depuis la nuit dernière… 

15 commentaires sur “Coup de gueule: Quand Amazon entube les auteurs !

  1. Et il n’y a pas que ça chez Amazon
    Dysfonctionnement dans les services Amazon
    Ça fait 4 fois qu’on me bloque mon compte. La quatrième fois je leur fournis à nouveau les renseignements demandés. Ça ne leur suffit plus. Voulaient-ils mon numéro de carte bancaire complet pour pouvoir me détourner de l’argent ? Toujours est-il qu’à la première heure j’appelle le service client Amazon. Qu’est-ce qu’ils me demandent ? Que mon conseiller bancaire les contacte. UBUESQUE. En attendant mon abonnement prime continue de courir et je ne peux pas m’en servir.

  2. Personnellement, Amazon me vend un livre neuf à 11€ alors qu’il en vaut 19 (prix unique, ça ne leur dit rien). On parle bien d’un broché neuf, pas d’une occa ou quoi. Après réclamation, pas de réponse…. Tu parles ! :[
    Je vous comprends tous… Amazon, l’édition, ils s’en foutent, ils ont fait KDP pour le fric, pas pour le plaisir des auteurs… parce que ça se vend derrière. et c’est pareil dès qu’ils essaient de s’intégrer dans un nouveau domaine autre que le leur, à savoir la vente par internet.
    Ce n’est peut-être que mon avis après…

  3. J’avais vu ça pendant la vente de mon premier roman, alors que j’étais encore publié dans une maison d’édition.
    Je vais te faire une confidence : ça n’existe pas « que » sur Amazon.
    Regarde (et désolé pour l’auto promo mais… j’avais besoin d’un exemple concret)
    => https://livre.fnac.com/a10127657/Pierre-Etienne-Bram-L-interphone-ne-fonctionne-toujours-pas
    Il est en vente 63€ au lieu de 13€ le prix initial.
    Voilà voilà !
    Donc, ce n’est pas « que » le problème d’Amazon (qui malgré le fait qu’ils permettent aux auteurs autoédités comme toi et moi de publier leurs livres, c’est le problème d’Internet en général.

    Est ce qu’Amazon (parce que la FNAC, ils ont 10 ans de retard, en 2017 ils m’avaient demandés de les contacter « par courrier postal » pour mettre à jour ma page bio) pourrait faire quelque chose ? Sûrement. Sauf que comme tu le rappelles, l’auteur touche ses royalties (parce que le livre a bien été acheté quelque part avant, souvent sur le même site) et Amazon touche les frais de transport. Bref, tout le monde s’y retrouve.
    Pour ma part je préfère croire en l’intelligence et la bienveillance du consommateur, qui prendra le prix le moins cher. Vu que sur Amazon l’impression se fait à la demande pour la plupart des romans, il y aura toujours le prix le moins cher qu’on a fixé, et il y a 99% de chances sur 100 que le consommateur final choisira celui-ci.

    Mais je suis content de lire pour la première fois un article parlant du sujet ^^

    1. Merci pour ton retour, extrêmement utile! L’un des vendeurs sur la Fnac est aussi présent sur Amazon, c’est bon à savoir… Il faut vérifier eBay aussi, c’est pas triste…🙄

  4. Je suis contre Amazon, et en tant qu’auteur auto-édité, j’essaie autant que je peux de faire ma promo et mes ventes par d’autres moyens.
    Je comprends l’indignation de cet article, mais je voudrais quand même nuancer un peu. Ces livres ne sortent pas de nulle part : ils sont d’abord achetés à l’auteur, puis revendus (d’où « l’état neuf », et les délais de livraison supérieurs) ! Ce qui fait que l’auteur touche quand même ses royalties, comme s’il avait fait une vente normale (et le revendeur encaisse sa grosse marge). Il ne se fait donc pas entuber, il a même peut-être des ventes qu’il ne ferait pas autrement grâce aux vitrines de ces revendeurs, si malhonnêtes soient-ils.
    Au final, seul le client se fait avoir. C’est sur ce point que c’est dommage, et que je trouve qu’amazon devrait agir.

    1. Bonjour, merci pour ce message 😊 Effectivement dans ma colère je n’ai peut-être pas été assez claire sur ce point 😅 Effectivement ces revendeurs doivent quand même acheter le livre à l’auteur d’abord. Mais c’est vraiment le fait qu’Amazon permette à ces revendeurs de le vendre d’occasion à un prix supérieur, et sur la même page, qui me dérange profondément… C’est la possibilité même de le revendre plus cher qui ne devrait pas exister…

      1. Je comprends que ça dérange, mais c’est la liberté de commerce, et je ne vois pas comment Amazon aurait le pouvoir de l’empêcher. Ils pourraient interdire ça sur leur plateforme, mais ça ne limiterait pas le phénomène, juste leur profit.

        1. Sans doute oui… Mais vu l’importance (pour ne pas dire le quasi monopole) d’Amazon ça freinerait déjà bien les choses… Mais il est inutile de l’envisager, ils tiennent trop à leur profit…

  5. Bon jour,
    Et oui, Amazon … je me refuse à acheter sur ce genre de plateforme … car, toutes les plateformes qui vendent les livres numériques (e-pub, pdf, kepub …) aussi chers (et à l’exemple que vous donnez 2 fois plus cher) que les livres imprimés. Un honte et carrément de l’arnaque.
    Je préfère acheter en direct, chez l’auteur.s, l’éditeur, librairie…
    Max-Louis

    1. Merci de votre commentaire. Normalement le prix de base de l’ebook ou de la version papier est fixée par l’auteur. Ici c’est surtout cette pratique des revendeurs, autorisée par Amazon, que je dénonce. Je ne remets pas en question le principes des plateformes en elles-mêmes car pour beaucoup d’auteurs c’est la seule façon de publier leurs livres 🙂

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