Ma première nouvelle

Hello tout le monde, ça va ?

Aujourd’hui j’ai eu envie de partager avec vous la première nouvelle (et la seule d’ailleurs) que j’ai écrite il y a quelques années. C’était pour un concours organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le thème imposé était : l’enveloppe (sans autres détails). Je n’ai pas été sélectionnée car le jury a estimé que je ne respectais pas le thème. Les membres ont aimé mon texte, j’ai eu des commentaires plutôt positifs, mais malheureusement, l’enveloppe n’étant pas assez présente, j’étais forcément hors sujet et donc recalée…

C’était le premier texte que je terminais et la toute première fois que je me confrontais à des professionnels. Autant vous dire que ce retour a été un véritable ascenseur émotionnel ! D’un côté j’étais super contente qu’ils aient aimé mon histoire, d’un autre, leur refus m’a dévastée… Bein oui, le premier refus, tout ça…😅

Avec le recul, je suis capable d’admettre qu’ils avaient raison. Au début ça me faisait enrager parce que « ils-zavaient-qu’à-être-plus-précis-dans-leurs-consignes-d’abord-na! » 😅 Aujourd’hui je peux comprendre, et en plus, ma plume s’est développée au fil du temps. Donc quand je relis cette nouvelle, je la trouve trop simpliste et je vois beaucoup de choses que j’aurais pu améliorer. Mais malgré tout je garde un attachement particulier à ce texte et je ne peux pas m’empêcher de l’aimer. C’était mon premier bébé quoi 😊 Il s’appelle « Lory » et je vous le livre aujourd’hui, sans retouches…

Lory

Lory enfila la perruque blonde et en ajusta la position. Sa tenue enfin complète, il recula pour admirer son reflet. La robe rose était impeccablement coupée. Le maquillage sublimait les traits de son visage. Ainsi apprêté, il ressemblait vraiment à Marilyn Monroe. Il ne manquait que le collier en diamants. Une imitation bien sûr, mais qui ferait illusion. Il ne pouvait décemment pas interpréter « Diamonds are a girl’s best friend » sans cet accessoire majeur. Il prit le bijou posé sur sa table de nuit, près de l’enveloppe dont il ne se séparait jamais. La dernière lettre de sa sœur, reçue il y a deux ans. Il la connaissait par cœur. « Bats-toi pour qui tu es petit frère. Et reste toi-même. Toujours. Moi je crois en toi. » Ces phrases, il les relisait chaque fois que le monde devenait trop cruel envers lui.

Lory devait se dépêcher car le petit cabaret où il se produisait tous les lundis allait bientôt ouvrir ses portes. Il fît le tour du salon, cherchant ses clés. Au passage, il jeta un coup d’œil à son colocataire. Comme d’habitude celui-ci ne lui adressa pas la parole. Les deux garçons se haïssaient. Rien d’étonnant, vu leurs différences. Lory était un étudiant en informatique très sérieux, abstraction faite des soirées du lundi. Tom lui ne pensait qu’à s’amuser avec ses nouveaux amis, une bande de pseudo-nazis qui espéraient encore le retour d’Hitler. Lory ne supportait d’ailleurs plus leurs réflexions. Ils avaient conseillé à son coloc de fermer à clé quand il prenait une douche. Au cas où Lory envisageait de se livrer à des pratiques douteuses avec lui. Le jeune homme était pourtant hétéro, mais pour de tels béotiens, travesti voulait forcément dire gay. Lory ne cherchait plus à corriger cette erreur. Inutile face à des esprits aussi limités. Il avait tenté de trouver un autre logement, sans succès. Il mordait donc sur sa chique en attendant la fin de l’année scolaire, dans deux mois.

Lory quitta le kot sans un mot. Une fois dans la rue, il parcourut rapidement la distance qui le séparait du cabaret, ignorant les insultes et les moqueries. Il ne les entendait même plus. A plusieurs reprises, certains passants l’avaient déjà frappé. Là encore, Lory n’en faisait plus grand cas, même si la douleur des coups reçus était toujours aussi intense. L’être humain est stupide, c’est comme ça. Il ne changerait pas les brutes, et refusait de changer à cause d’elles. Il avait voulu porter plainte les premières fois mais les policiers lui avaient ri au nez. Et quand il avait insisté en disant qu’ils ne faisaient pas leur boulot, ils avaient durci le ton. Allant jusqu’à menacer de le coffrer pour insulte à agent. Depuis, Lory avait cessé de compter sur l’intervention de la police. Quand quelqu’un l’insultait ou le brutalisait il se contentait d’encaisser. Il savait qu’essayer de répliquer était risqué, les brutes se déplaçant rarement seules.

En tournant dans la ruelle qui menait au cabaret, il vit une ombre se détacher du mur. Un homme assez grand, portant une cagoule, lui barra la route. Lory soupira, se disant qu’il était bon pour une nouvelle agression. Ça l’ennuyait, sa robe était toute neuve.

– Mais qui voilà ? dit l’individu. Alors pétasse, on va faire son show ? On va remuer son petit cul devant d’autres tarés comme toi ?

Sa voix sembla familière à Lory.

– Sven ? C’est toi ?
– Non pas du tout.
– Si c’est toi, je reconnais ta voix !

Sven était le chef des pseudo-nazis. Chaque fois qu’il passait chercher Tom, il traitait Lory de pétasse. C’était de loin le plus féroce du groupe.

– Qu’est-ce que tu veux Sven ? Je vais être en retard.
– Je sais oui. Tu vas encore t’exhiber devant tout le monde.
– Je ne m’exhibe pas, c’est un spectacle.
– Ah ouais ? Pourquoi tu ferais pas ton spectacle juste pour moi ?
– Pardon ?

Lory n’était pas sûr d’avoir compris. Sven enleva alors sa cagoule et posa sur lui un regard si fiévreux qu’il recula d’un pas. Jamais il ne l’avait vu comme ça.

– J’ai dit, pourquoi tu ne ferais pas ton spectacle juste pour moi ? répéta Sven en s’approchant. Il n’y a pas que les autres qui devraient en profiter.

D’un geste brusque, il agrippa Lory par le bras et le plaqua contre lui, enfonçant sa langue dans sa bouche. Lory se débattit pour échapper à son étreinte, mais plus il bataillait, plus Sven le serrait contre lui.

– Lâche-moi, qu’est-ce que tu fous ?

Sven éclata d’un rire mauvais, le regard toujours brûlant.

– Tu sais que tu m’excites comme ça petite pétasse ? dit-il d’une voix rauque. J’aime te sentir te trémousser dans tous les sens. Tu sens comme ça me fait de l’effet ?

Des voix s’élevèrent soudain derrière eux. Quelqu’un approchait. Sven lâcha enfin Lory et jura de lui trancher la gorge s’il répétait à quiconque ce qui venait de se passer. Il tourna le coin et disparût, laissant Lory bouleversé au milieu de l’allée. Il sentait une envie de vomir monter en lui, se mêlant à sa confusion mentale. C’était quoi ça bordel ?

Un couple passa devant la ruelle et jeta un regard effaré à l’accoutrement de Lory. Le jeune homme les ignora et s’appuya contre le mur, le temps de se reprendre. Cet incident jetait un éclairage nouveau sur l’attitude habituelle de Sven à son égard. Secouant la tête, il remit de l’ordre dans sa tenue et se dirigea vers le cabaret. Il devait oublier ce moment, au moins le temps du spectacle.

En rentrant trois heures plus tard, il s’attendait presque à trouver Sven. Mais Tom était seul, allongé devant la télé. Lory se démaquilla et se changea. Il relut pour la énième fois la lettre de sa sœur, l’esprit obnubilé par ce qui s’était passé. Il serra l’enveloppe contre lui, à la recherche de réconfort. La sensation nauséeuse ne l’avait pas quitté de la soirée. Il se demandait à quoi ressembleraient ses prochaines rencontres avec Sven, lorsqu’il viendrait voir Tom. Nul doute qu’il se montrerait encore plus hargneux désormais. Ou peut-être qu’il ne viendrait plus, ce que Lory espérait de tout cœur, mais qui était peu probable. Cette brute allait jouer à le tourmenter par sa seule présence. Il frissonna à l’idée de ce qui aurait pu se passer si le couple n’était pas arrivé. Il ne parvenait pas à se calmer et sursautait au moindre bruit. Il tenta de se distraire avec un livre mais son corps refusait de se détendre. Depuis des heures il était sur ses gardes, comme un animal flairant le danger. Très vite, il ne supporta plus cet état. La colère remplaça alors la peur. Il avait besoin de se défouler sur quelqu’un, et son coloc était la personne toute désignée pour ça.

– Dis donc, tu savais que Sven est homo ?
– Pardon ? dit Tom en se redressant vivement.
– Ou en tout cas il a un faible pour les travestis.
– Je t’interdis de parler de Sven comme ça !
– C’est pourtant vrai. Il m’a embrassé de force ce soir !
– Arrête de mentir ou je te casse la gueule, s’exclama Tom en sautant sur ses pieds. Sven n’est pas une tafiole !
– Je ne mens pas, il m’a vraiment embrassé. C’était très déplaisant d’ailleurs.

Lory aperçut un éclair de haine dans les yeux de son coloc. Une seconde plus tard, celui-ci lui décocha un coup au menton. Il s’écroula au sol, tandis que Tom se jetait sur lui.

– Retire ce que tu viens de dire ! hurla-t-il. Retire ce que tu viens de dire ou je te tue !

Lory songea que c’était la deuxième fois aujourd’hui qu’on le menaçait de mort, alors qu’il n’avait rien fait. Ça lui donna la force de répliquer. D’un geste maladroit, il lança son poing dans les côtes de Tom, qui grogna de douleur. Au moment où Lory parvenait à se redresser, son adversaire le repoussa avec force en arrière. Sa tête heurta violemment le sol et il ne bougea plus, assommé par le choc. Son coloc s’écarta de lui et contempla son corps inerte, paniqué par cette soudaine absence de réaction.

– Lory ? Lory tu m’entends ? demanda Tom en le secouant. Lory déconne pas merde !

Il attrapa une bouteille d’eau et en vida le contenu sur le visage du jeune homme. Celui-ci s’anima enfin et tourna la tête en repoussant sa main.

– Laisse-moi une minute crétin, cracha-t-il. T’as failli me fendre le crâne !

Tom poussa un soupir de soulagement. Pendant une seconde il avait vraiment cru l’avoir tué. Il se rendit compte de ce que sa fureur l’avait poussé à faire, la façon dont il s’était jeté sur Lory, dont il l’avait frappé. Il ne se reconnaissait plus. Il n’avait jamais été ce garçon agressif qui s’en prend aux gens pour un oui ou pour un non. Qu’est-ce qui avait bien pu lui arriver ? Était-ce le fait d’être loin de la maison ? Ou ses nouvelles fréquentations, comme l’avait suggéré Lory quand il a commencé à trainer avec eux ? Au début de l’année les deux garçons s’entendaient normalement. Différents oui, mais cordiaux. Un soir en rentrant, Lory avait trouvé la bande installée dans le salon. Durant des jours son coloc avait tenté de le raisonner. Plus il essayait, plus Tom devenait odieux. Ils avaient fini par s’ignorer complètement. Mais voir Lory inconscient semblait avoir provoqué un électrochoc en lui.

– Ça va, rien de cassé ? demanda Tom en tendant la main pour l’aider à se redresser. Je suis vraiment désolé, je ne sais pas ce qui m’a pris.
– Il t’a pris que tu es devenu une vraie brute, comme tes potes ! Ils ont bien fait leur boulot en tout cas ! Tu piques aussi les sacs à main des vieilles dames ?
– Non, bien sûr que non. Je ne ferais jamais ça.
– Je ne pensais pas non plus que tu te jetterais sur moi comme ça !
– Je suis désolé, répéta Tom. Je t’assure que ça n’arrivera plus.

Lory se releva péniblement. Il passa la main à l’arrière de sa tête et grimaça de douleur.

– Tu n’as pas de migraine ? demanda Tom. Pas de vertiges ou de nausées ?
– Depuis quand tu fais médecine ?
– Je suis sérieux, tu risques une commotion. Si tu as des nausées dis-le moi, je t’emmène aux urgences.
– J’ai eu des nausées toute la soirée à cause de ton pote, répliqua Lory. Alors c’est un peu compliqué de distinguer quelle en est la cause.
– C’est vrai ce que tu as dit ? Il t’a vraiment embrassé ?
– Je n’ai pas pour habitude de mentir sur un sujet pareil.
– Raconte-moi s’il te plaît.

Lory lui expliqua ce qu’il s’était passé quelques heures plus tôt. Lorsqu’il arriva à la partie où Sven plongea sa langue dans sa bouche, Tom commença à faire les cents pas, les mâchoires serrées. Quand Lory eut fini de parler, son coloc était à nouveau furieux. Contre Sven cette fois.

– L’enfoiré ! Quel salaud ! J’en reviens pas qu’il ait fait une chose pareille. Il aurait pu te violer !
– Je crois que c’est ce qu’il avait en tête en effet. Même s’il n’aurait jamais pu se l’avouer.
– Quel hypocrite ! Tous ses grands discours sur les homos qui sont des dégénérés, ses insultes, toutes les fois où il s’en est pris à un mec parce qu’il était gay. C’est de la foutaise en fait !
– C’est ça qui te choque le plus ? s’indigna Lory.
– Non, c’est toute son attitude ! C’est d’autant plus dingue qu’il ait essayé avec toi alors que tu n’es pas homo.
– Sans blague ? Tu l’as enfin compris ?

Tom baissa les yeux, honteux.

– Je l’ai toujours su. Je t’ai déjà vu mater des filles.
– Pourquoi tu n’as rien dit aux autres alors ?
– Je ne sais pas, répondit Tom en haussant les épaules. C’est plus facile de se faire accepter par un groupe quand on ne contredit personne.
– Mais t’es vraiment lâche ! Pourquoi tu tiens tant à faire partie de cette bande ? Tu y crois vraiment à toutes ces conneries de nazis ?
– Non, je ne partage pas leurs idées. Quand ils en parlent je me tais.
– Alors pourquoi tu passes ton temps avec eux ?
– C’est agréable pour une fois d’être celui dont les gens ont peur. Chez moi j’étais celui qui se faisait tabasser. Avec eux au moins personne ne s’en prend à moi.

Lory haussa les sourcils.

– C’est la chose la plus pitoyable que j’ai jamais entendue.
– Je sais. Surtout maintenant. J’arrive pas à croire que Sven ait fait ça. Tu crois qu’il est vraiment attiré par toi ?
– Je crois plutôt que c’est la tenue qui a joué. S’il nie son homosexualité, me voir habillé en femme lui a peut-être facilité les choses. Il pouvait toujours se mentir en prétendant que j’étais une fille.
– Ce mensonge n’aurait pas pu durer.
– C’est sûr que s’il avait arraché ma robe la réalité l’aurait rattrapé. Mais ça ne l’aurait peut-être pas refroidi.

Lory frissonna à nouveau en pensant à ce qui aurait pu se passer. Il n’aurait jamais eu le dessus, Sven est bien plus fort que lui. Dans quel état l’aurait-il laissé ? L’aurait-il même laissé en vie ? Lory en doutait fortement. Sven n’aurait pas pris le risque qu’il raconte ce qu’il lui avait fait. Sa réputation aurait été détruite. Il réalisa qu’il n’était pas seulement passé à deux doigts de se faire violer. Il aurait pu se faire tuer aussi. La peur refit surface. Si Sven avait éprouvé du plaisir en l’embrassant, il n’allait certainement pas s’arrêter là. Il en voudrait plus.

Fallait-il porter plainte ? Mais pour quoi au juste ? Pour quelque chose qui n’est pas encore arrivé, mais qui pourrait se passer ? Ou devait-il attendre que Sven le viole avant de pouvoir déposer une plainte ? En admettant qu’il le laisse en vie. Ce baiser forcé pouvait-il constituer une tentative de viol ? Le prendrait-on au sérieux s’il portait plainte pour ça ? Ses précédentes rencontres avec la police ne laissaient rien présager de bon.

Lory regarda l’enveloppe contenant la lettre de sa sœur. Il se demanda s’il aurait eu plus de chance d’être écouté s’il avait été une femme. Une fille se plaignant d’avoir été embrassée de force et redoutant des suites à cet acte serait-elle mieux accueillie ? Peut-être. Mais ça ne l’avançait pas à grand-chose. Et puis, une plainte pour baiser forcé déboucherait sur quoi ? Une amende et quelques semaines de prison peut-être ? S’il avait de la chance. Et après ? Sven ressortirait, avec une rage décuplée. Il était sûr que sa plainte ne l’enverrait pas derrière les barreaux pour longtemps, peu importe si ça mettait la vie de Lory en danger. Condamnation ou pas, Sven reviendrait s’en prendre à lui. Si ce n’était pas lui, ce serait le reste de la bande. Et tout ça, c’est en comptant qu’il ne vienne pas le chercher dans les prochains jours. Sven connaissait son adresse après tout. Les victimes d’agression sexuelle se retrouvaient-elles toutes dans cet état ? Rongées par la peur de revoir leur bourreau ? Il serait en sécurité chez ses parents cet été, mais d’ici là ? Et quand il reviendrait en septembre ?

Lory prit soudain conscience des conséquences de cet incident. Il n’avait pas le choix, il devait quitter l’université. Dès demain. Même s’il décidait au final de porter plainte, et qu’il le faisait cette nuit, Sven n’irait pas en prison tout de suite. Et il ne voulait pas lui laisser l’occasion de terminer ce qu’il avait commencé.

Cette pensée l’emplit de rage. Non seulement c’est lui qui allait devoir fuir devant cette brute, mais en plus il ne pourrait pas présenter ses examens. Il allait donc être obligé de recommencer son année ailleurs. Tout ça parce que le système ne pouvait pas le protéger correctement.

– Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? demanda Tom.
– Quitter l’unif. Demain matin. Je ne me sens plus en sécurité ici, je risque de le croiser partout.
– Quoi ? Ce salaud t’agresse et c’est toi qui devrait partir ? Pas question ! Va porter plainte !
– Je ne suis pas sûr que ça serve à grand-chose. Un travesti qui porte plainte parce qu’un mec l’a embrassé ? Sans aucun témoin. Tu crois vraiment que ça aboutira à une condamnation ? Même si c’est le cas, on sait comment ça se passe. Le dossier traînera pendant des mois voire des années. Sven aura tout le temps de revenir s’en prendre à moi. Le système est ainsi fait.

– Tu ne peux pas rester sans rien faire ! Il faut qu’il paye !
– Je ne pense pas que ce sera possible.

Lory soupira en songeant aux mots de sa sœur. Il joua avec l’enveloppe, les yeux humides. Il avait l’impression de la trahir. Il ne voulait pas partir, mais là il était en danger. Quelle alternative avait-il ? Rester et avoir peur en permanence ? Il ne voulait pas vivre comme ça. On a beau dire qu’il ne faut pas accepter ces situations, qu’il faut dénoncer, briser le silence. Quand ça nous arrive à nous, la réalité est différente. On aimerait croire qu’on sera celui qui ne pliera pas, qui fera bouger les choses. La vérité c’est qu’avec ou sans plainte, la victime est toujours à la merci de son agresseur, surtout s’il est remis en liberté rapidement. Et les représailles pour cette plainte peuvent être plus graves que le silence. Lory ne voulait pas faire ce pari. Ça l’enrageait de fuir ainsi et de laisser Sven gagner. Mais il n’avait pas le choix, aussi injuste que ça puisse paraître.

2 commentaires sur “Ma première nouvelle

  1. Bravo!
    Pour une première nouvelle le sujet est bien mené. Pas vraiment dans le sujet en effet. Mais efficace et fluide au niveau de la lecture.
    Merci de l’avoir partagée.

    1. Merci 😊 Oui, pour le coup j’étais vraiment hors sujet par rapport à l’enveloppe 😅 Mais j’avoue que de l’avoir relue avant de la publier ça me donne envie de la reprendre et d’étoffer tout ça pour aller plus en profondeur et plus loin…

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