Coup de gueule : écrivain c’est pas un vrai métier ?!

Salut les ptits loups, vous allez bien ? J’ai envie de vous partager une réflexion qui m’est venue l’autre jour en lisant une publication sur Instagram. Elle commençait par ces mots : « Quand personne ne comprend ce que tu fais de tes journées ».

Ce post venait d’une rédactrice web qui parlait des difficultés qu’elle rencontre parfois quand elle explique son job (en particulier aux administrations, qui ne pigent rien aux nouveaux métiers du web !). Son témoignage m’a interpellée car je venais justement de passer à la mutuelle, où j’ai été confrontée au même problème. Je ne suis pas dans le monde des métiers digitaux, mais j’éprouve aussi ce genre de difficultés…

Depuis que j’ai décidé de me consacrer entièrement à l’écriture, je ne vous dis pas comment c’est compliqué ! J’ai l’impression que certaines personnes pensent que je passe mes journées à glander, que je ne fais rien de mon temps, en particulier rien de productif ! Et j’avoue que par moments ça me blesse (oui c’est mardi confession aujourd’hui ! 😜). Parce que ces mêmes personnes ignorent le travail que ça représente d’écrire un livre, mais considèrent malgré tout qu’être écrivain ce n’est pas un vrai métier ! Elles se permettent donc de juger sans même savoir de quoi elles parlent ! Et le fait est que là, c’est moi qu’elles jugent, en me collant l’étiquette « glandeuse professionnelle », sans se demander comment se déroulent réellement mes journées (ou mes nuits en l’occurrence 😜). D’autant que je n’ai encore rien publié, alors pour ces gens non seulement il n’y a aucune preuve de ce que je fais, mais en plus je ne gagne pas d’argent. Comment puis-je donc prétendre que je travaille ?

Pas de revenus = pas de travail, c’est ce raccourci pourri qui me donne envie de hurler ! Est-ce qu’une mère au foyer ne travaille pas ?! Au contraire, elle en fait souvent autant, si pas plus, que n’importe quel PDG ! Mais comme elle n’est pas rémunérée, on considère qu’elle ne bosse pas vraiment et qu’elle se la coule douce toute la journée puisqu’elle est à la maison…

 

La vie d’artiste

C’est pareil pour tous les écrivains, auteurs, musiciens, comédiens, artistes en tout genre, qui n’ont peut-être pas encore percé, mais investissent du temps et de l’énergie dans leur art, en ne comptant pas leurs heures de travail ! Parce qu’ils ont choisi la passion avant tout ! Chacun place ses priorités où il le souhaite. Pourquoi devrions-nous justifier que les nôtres soient différentes, ne rentrent pas dans un moule, une case à cocher sur un formulaire administratif ? Est-ce que moi je vous demande pourquoi vous vous contentez d’un job que vous détestez, dans une structure qui vous pompe jusqu’au burn-out, plutôt que de suivre vos rêves ?

The Good Place gif

Oui j’ai choisi la vie d’écrivain, avec tout ce que ça implique, le bon comme le mauvais. Mais le bon me fait tellement vibrer, que le mauvais passe franchement à la trappe ! Quand d’autres sont coincés dans un bureau toute la journée, moi je suis au parc en train de savourer les couleurs de l’automne, mon carnet d’écriture à la main ou un livre sur les genoux ! Voire même au bord de la mer, à profiter d’une plage déserte…Chacun ses choix…

Dans la saga L’Esprit de famille, j’ai trouvé la plus belle réponse qui soit à tous ces individus bien-pensants :

« Parce que toi aussi tu crois que je ne fais rien ? Ecoute-moi bien ! Je fais davantage que quatre-vingt-dix pour cent des gens. Je respire, je regarde, j’écoute, je vis. Moi je vis ! »

 Je ne sais que répondre. En un sens, c’est vrai ! Elle vit certainement plus que beaucoup de ceux que je côtoie chaque jour. Elle profite du temps, du ciel, d’elle-même, de la maison. Mais si tout le monde en faisait autant ?

« Tout le monde n’en a pas envie !»

(L’esprit de famille T1-Janine Boissard)

 

L'esprit de famille - Janine Boissard

 

Et dans le tome 3 (Claire et le bonheur), cette superbe ‘‘définition’’ si l’on peut dire :

« Il m’a demandé ce que je comptais faire lorsque je serais bachelière. La réponse est venue presque à mon insu : écrire ! J’ai prononcé ce mot et cela a été la paix en moi, et la route s’est éclairée.

 « Ecrire quoi, ma petite fille ? »

Des poèmes, des nouvelles, des romans, ce qu’on ne peut pas dire avec les lèvres, ce qui dort sans qu’on le sache, ce qui fleurit à notre insu, et la liberté, la souffrance, la fin et le début, tout quoi! »

 

Je n’entre pas dans une case, tant pis pour vous !

Voilà ce que je voudrais faire ! Et ce que je m’efforce de faire même, chaque fois que je travaille sur un manuscrit (oui parce que j’en ai plusieurs en cours 😜😅). Pour certains ce n’est peut-être pas sérieux, ni réaliste, peut-être même pas une vie. Pour l’administration c’est certainement très dur à faire entrer dans une case. D’ailleurs on a vraiment besoin d’un changement de mentalités dans notre société…A quand le jour où sur un formulaire on ne sera plus limité à Salarié-Indépendant-Sans emploi ? Vous allez me dire : « Oui mais en tant qu’artiste, on est indépendant ! ». Pas forcément les gars ! Je n’ai pas le statut d’indépendante, tout simplement parce qu’à l’heure actuelle je n’aurais pas de quoi payer les cotisations délirantes qui l’accompagnent !

Mais ça ne veut pas dire que je ne travaille pas bordel ! Je travaille différemment, c’est tout. Me balader fait partie du boulot, car je m’imprègne de la vie pour ensuite la retranscrire. Lire un livre ou regarder un film aussi, car j’analyse la narration, la façon dont les scènes sont construites, dont certains éléments sont distillés au cours du récit et trouvent leur sens plus tard…De l’extérieur j’ai peut-être l’air de juste glander dans le fauteuil. Mais à ce moment-là, mon cerveau tourne en fait à plein régime et emmagasine des astuces pour améliorer mes propres histoires…Je ne vous dis pas comment faire votre boulot, ne me dites pas comment faire le mien !

Bref c’était mon petit coup de gueule du jour 😄😜 J’avais envie de le partager parce que je suis certaine que je ne dois pas être la seule à ressentir ça. Il y a sûrement plein d’autres auteurs, ou artistes de toutes disciplines d’ailleurs, qui connaissent cette frustration face au regard qu’on pose sur eux. Tous ces gens qui pensent qu’ils ne travaillent pas vraiment…J’imagine un peintre à qui on reprocherait de passer son temps à gribouiller des dessins, alors que lui met toute son âme dans ses toiles ! Et peu importe si elles ne se vendent pas encore ! Ceux qui lui disent de laisser tomber, pour se trouver « un travail sérieux s’il te plaît », ne comprennent pas…Mais font-ils seulement l’effort d’essayer de comprendre ?

16 commentaires sur “Coup de gueule : écrivain c’est pas un vrai métier ?!

  1. OMG j’ai envie de pleurer tellement c’est tout ce que je ressens et ça fait du bien de ne pas se sentir seule ! Malheureusement je ne vis pas encore de ma plume (je n’ai pas encore publié sauf pour des appels à textes et concours non rémunérés, youpi). Mais j’y travaille ! Merci pour ce coup de gueule qui fait du bien ^^

  2. Un bon coup de gueule de temps en temps est nécessaire. Chacun ses choix et chaque choix, selon moi, doit être respecté!
    C’est hyper courageux de se lancer dans l’écriture, j’imagine que les journées sont riches et bien chargées. Ecrire ce n’est pas se rouler les pouces, loin de là. Ceux qui jugent devraient se coller à la tâche. On verrait bien!

    J’adore la citation: « Ecrire quoi, ma petite fille ? » Des poèmes, des nouvelles, des romans, ce qu’on ne peut pas dire avec les lèvres, ce qui dort sans qu’on le sache, ce qui fleurit à notre insu, et la liberté, la souffrance, la fin et le début, tout quoi! »

    C’est tellement ça, tellement ça qui nous prend aux tripes!

    1. Héhé, tu vois pourquoi Janine Boissard est ma chouchoute? 😄 Elle parle de choses vraies, qui nous touchent au plus profond.
      C’est clair que les gens qui pensent qu’en tant qu’écrivain on se la coule douce n’ont aucune idée de ce que c’est réellement. J’ai l’impression que beaucoup de métiers sont stigmatisés, et chaque métier a ses propres stigmatisations qui lui collent à la peau (du style: « Toutes les vendeuses sont trop connes pour faire autre chose »! Ayant été vendeuse ça me donne aussi envie de hurler ça!). Mais pour ce qui est de l’écriture, les personnes qui ne pratiquent pas ont vraiment cette vision erronée selon laquelle c’est tellement simple d’écrire un livre…Comme tu dis, elles devraient essayer et on en reparle après! 😄

  3. On suit le chemin qu’on s’est tracé, coûte que coûte, et on se fiche des remarques, des conseils « bienveillants » des personnes qui voudrait qu’on trouve un « vrai travail ». On serre les dents, au début, on pleure, aussi. Les fins de mois sont difficiles, mais la fierté est là. 😉

  4. Ah que j’aime ce coup de gueule ! Il ne changera rien dans la conscience collective mais il fait tant de bien. Et je te rassure, même lorsqu’on a publié plusieurs livres, le discours ne change pas. Il reste gravé dans la pierre… Donc ne lâchons rien. Je te souhaite de joyeuses pages d’écriture ici et dans tes histoires 🙂

    1. Merci beaucoup Élisa 😊 Bizarrement ça me rassure d’apprendre que même lorsqu’on est publié, ça ne change pas les mentalités…Au moins je sais à quoi m’attendre 😄 Merci pour ton partage, et à bientôt 😊

  5. Tout ce que tu dis est si vrai…Cela fait de nombreuses années que je subis ce genre de réflexions, tant pas à propos de l’écriture, mais par ce que je fais, tout simplement…Deux années à préparer d’obscures mémoires de master, une autre année à préparer une thèse, et désormais, ladite thèse à commencer. N’ayant plus de journées « structurées » et cadrées par un travail « normal » depuis des années, je comprends tout à fait ce que tu dis. Sachant que désormais, j’ajoute également l’écriture à mes activités de « glandage », je n’ai pas fini de me prendre des réflexions 🙂 Mais il faut vraiment lutter contre ça, et ce coup de gueule est à la fois compréhensible et nécessaire. Merci pour le partage 😉

    1. De rien, et merci à toi pour le tien 😊 C’est vrai que c’est pas évident quand on n’évolue pas dans le cadre classique et « normal ». Mais l’essentiel après tout c’est de trouver sa voie et de la suivre où qu’elle nous mène (bon après si ta voie te mène à commettre un meurtre, peut-être pas non 😜 Mais tu vois ce que je veux dire 😄). Si les gens ne comprennent pas c’est leur problème. Nous on vit nos passions, et tant pis pour ceux que ça dérange 🤣

  6. Emily,
    J’ai enfin trouvé le temps de me poser sur ton blog et je découvre une magnifique pépite…
    Je suis d’accord avec toi, quand on décide de vivre son rêve on est souvent regardé de travers. Je n’ai pas eu ce courage de tout quitter comme toi et de ne faire que de l’écriture mais je suis confrontée aux railleries moi aussi… et plus je cumule parce que j’ai eu la bonne idée de partir travailler dans la fonction publique… donc je fais un travail de fainéant et en plus j’écris des histoires… Oh et j’aime chanter… je n’ai vraiment rien pour moi il paraît *sourire*
    Je suis admirative de ton choix de vie! Fonce, vis, respire et savoure! C’est ça la vie et on devrait tous faire ce que l’on aime.

    1. Merci Tinotte 😊😘 Tu as raison tu cumules…Mais tant de belles choses! 😉😃 Moi aussi j’aime chanter, d’ailleurs je casse les oreilles de mon homme quand je cuisine! 😅 Et j’aime danser toute seule au milieu du salon aussi, et regarder des dessins animés à presque 33 ans…Toutes des choses supposées « pas sérieuses », mais on s’en fout! On écrit, on chante, on danse, on pleure, on rit…Bref on est en vie quoi! Et c’est ce qui compte! Ceux qui critiquent sont juste desséchés à l’intérieur! S’ils ont envie de vivre comme des momies c’est leur problème…Nous on s’adonne à nos passions, c’est ce qui nous fait vibrer! 😉😘

  7. C’est pas facile de choisir un chemin différent de la norme. Les gens, ça les dérange.
    Sois forte, crois en toi, ceux qui te suivent te donneront des ailes…
    À bientôt sur Instagram ou dans le groupe 💕

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